En fait, le plus dur, ce n’est pas la mort en elle-même.
On pense y être préparé.
On ne l’est jamais tout à fait.
Quelque fois, ce n’est pas le deuil de la personne qui est le plus éprouvant. C’est leu deuil de tout ce qu’on aurait pu faire, et qu’on ne fera plus.
Il y a deux mois, tout juste deux mois, elle était encore belle, digne, râleuse. Oui, râleuse. Elle a toujours mauvais caractère. Elle dresse dédaigneusement sa lèvre supérieure en signe de mécontentement, elle hausse les épaules, tourne la tête et boude. Quand elle n’arrive pas à se faire entendre, elle balaie l’air d’un geste sec de la main. Elle tourne ainsi la page d’un livre. Le chapitre est clos. Passons.
Dernièrement, elle a pris la décision de tourner la page de sa propre vie.
Elle n’aime pas attendre, elle n’a jamais aimé attendre.
Elle est si petite, si maigre, si affaiblit. Elle a juste assez de force pour murmurer dans un sourire : « mon petit, laisse moi, laisse moi tranquille, je suis fatiguée ». Elle est si sereine.
On croit que le plus dure, c’est de la voir ainsi.
Le plus dure ce n’est pas de se dire qu’on ne la reverra plus.
Dans le fond, elle sera toujours là.
Le plus dure c’est de faire le deuil de tout ce que je pourrai plus faire avec elle, de se dire que dans une famille, déjà si fine, si transparente et si fragile, rien ne sera plus comme avant.
Il faut savoir tourner la page.
Aucune fête
de famille ne sera plus jamais pareille.
Cela fait dix minutes que je frappe à sa porte. Je commence à m’inquiéter. Elle est seule, elle est fragile.
D’un coup, la porte s’ouvre. Elle apparaît devant moi. Elle est si petite.
Elle : c’est ma grand-mère.
Pendant que je commençais à m’inquiéter, elle faisait la sieste.
Je rentre. Nous nous asseyons. Elle parle au présent de souvenirs lointains.
Je la regarde.
Elle a vécu. Elle a été heureuse, malheureuse. Elle a perdu la vue, n’entend presque plus… et pourtant, elle est toujours bien habillée, toujours bien coiffée, le nez poudré. Elle donne toujours pleins de petits conseils, venus d’une autre époque : « Quand une femme est triste, il faut qu’elle s’achète un nouveau chapeau » (traduction Cerrys : Fait chauffer la carte bleu !) « Les hommes, c’est comme un fruit, il faut en tâter plusieurs avant de trouver le bon » …
Maintenant elle est lasse. A l’aube de sa 95éme année, elle se demande ce que peut bien lui réserver encore la vie. Ça doit être angoissant, de savoir que l’on a plus grand-chose à attendre de la vie, sans pour autant savoir quand cela va venir. On se croit prêt et pourtant on ne l’est pas tout à fait.
Quel est votre mot préféré?
Suggéré par Megaloandco.
Lullaby
"Berceuse" en anglais. Lorsqu'on prononce ce mot on a déjà l'impression de chanter une berceuse ...
j'aime aussi les mots simples et doux comme : libellule, luciole, lendemain, ...
les mots gourmands : chocolat, fraise, cerise, caramel...
enfin, j'aime ces mots dont la prononciation m'amuse : kiwi, grenouille...
j'aime les mots qui chantent : les mots espagnols (cela fait 4 mois que je n'ai plus prononcé un seul mot dans cette langue et ça me manque) ou les mots à consonance italienne (ou Corse, je ne veux vexer personne ...) une pizz', de la mozzarell',
Le réveille sonne. Il se lève.
Un tendre baiser dans le coup (il pique)
Entendre la douche couler. S’étendre dans le lit.
Encore un baiser dans le coup (il ne pique plus, il s’est rasé….)
L’entendre partir. Continuer à dormir.
Le rejoindre pour déjeuner.
Craquer pour des ballerines, rouge à poids blanc
Craquer pour un sac couleur cerise
Acheter du chocolat noir noisette. En manger deux carrés. Le replier soigneusement (comme une petite souris) et trouver une cachette pour ne pas qu’il le mange ….
Afin d’être sure d’en avoir à nouveau samedi prochain … (trop tard, il l’a trouvé)
S’entendre dire qu’on est jolie
Prendre un bain de soleil.
L’attendre à la sortie du boulot.
Aller à une soirée improvisée
N’est-ce pas ironique ? Il faut croire que les fondamentalistes afghans ont mal choisi leur moment pour kidnapper deux humanitaires français : Céline Cordelier (libérée) et Eric Damfreville.
Est-ce par lassitude, par désintéressement, que la vie de nos deux (puis unique) otages français est mise de coté au profit d’autres informations ? Ces dernières étant tellement cruciales. Nous avons pu suivre en direct les biberons
donnés à ce petit ours blanc, né en Allemagne, délaissé par sa maman et recueilli par son dresseur. Comment ça, vous ne connaissez pas Knut ?
Apprendre les déboires du FC NANTES. Pester contre le départ de Laure Manaudou (Quoi ! elle part en Italie ? …. Ah, elle reste française. Bon.... elle peut y aller en Italie, du moment qu’elle nous ramène des médailles). Admirer les vacances de notre nouveau Président...
Mais la vie de nos otages français et de leur trois interprètes ….. Apparemment, ce n’est pas à l’ordre du jour ….. Et encore moins face à la campagne présidentielle, le premier tour, puis rebelote, la campagne, le second tour. Maintenant c’est les législatives ….
Une méchante petite voix me souffle que si les otages avaient été journalistes et non pas humanitaires, leurs confrères de la télévision et de la presse écrite auraient peut-être été un peu plus mobilisés.
Je me souviens de l’engouement national
pour la libération de nos otages français (Christian Chesnot et Georges
Malbrunot, Florence Aubenas)
Je me souviens de ce petit carré
rouge, en bas à droite de la télévision, indiquant : « un jour de
plus qu’ils sont détenus »
Je me souviens de ces «anniversaires»
lorsque cela faisait 1 mois, 2 mois, ….. 3 mois …. 5 ans (pour Ingrid
Bétancourt)
Est-ce par lassitude,
désintéressement, que la vie de nos 2 (désormais plus qu’un) otages français n’est
pas médiatisée ?
Une autre petite voix me murmure que toute cette discrétion est voulue ….
… pour un petit geste qui peut sauver des vies.
Hier matin, je prends la route de l’hôpital d’Avignon, pour aller donner mon sang. Mon dernier don remontait à 2 mois (Février). Pour une femme, le délai d’attente entre deux dons est théoriquement de quatre mois. Néanmoins, cette semaine, l’organisme du Don du Sang m’a appelé.
Il y a si peu de donneurs et tellement de receveurs.
Un don qui dure seulement 8 minutes de votre vie ….
Ma Little Girl, je n'ai pas oublié, je sais que tu le donnes toi aussi .... et qu'on a le même groupe .
....
Le premier à m’avoir souhaité la bienvenue, vous vous en douterez, c’est Tylers. Un premier billet, et de suite, un commentaire. Au début, ça fait tout bizarre …..
Et puis je continue mon parcours, mon aventure sur Vox. Je raconte l’histoire de mon petit cabas rose. Je reçois les commentaires hilarants de Larsen et de NTM. Et voici les prémices d’une communauté. Je me rappelle aussi du tout premier commentaire que m’a laissé Citizen. Hallucinant. Il n’y avait que trois mots pour une infinité de lettres ! Si, je vous assure. La découverte de son blog : une merveille. Et puis, vient une Princesse qui compatie pour mon bébé chien (un peu glouton) qui a frôlé la mort (en s’intoxiquant avec des champignons). La princesse, il faut la suivre ……. Je crois que son blog se complète encore plus vite que ce qu’elle ne court ……Il y a aussi cette jolie petite fille rose. Je me rappelle que son premier commentaire correspond à la période où elle allait à Paris pour Vox ! Une merveilleuse « démonstratrice » pour le salon Vox (c’est bien ça Jennie ?). C’est qu’elle est efficace notre Little Girl ! Toujours des bons plans à nous proposer. Il y a ensuite un homme au bonnet orange, qui désormais se la joue méchant et dresse en cachette une tribu de pingouin carnivore. Il a également tronqué son joli bonnet contre la pleine lune. Je me rappelle des oldies, de la chanson de Noel et de Victor Bibies. Puis vient Minipez. J’ai encore en mémoire ses premiers pas sur Vox. Si je dis Minipez, il ne faut pas oublier bien sur, sa très jolie Carabine ! Enfin, il y a aussi une charmante demoiselle aux Papillons, quand j’ai vu son blog pour la première fois, un soufle de fraicheur m’a envahi. Je crois que le premier commentaire laissé sur son blog était au sujet d’une de ses ambitions : un projet humanitaire en Afrique. Il y aussi Han Ly, la première personne intégrée dans ma communauté : un blog merveilleux, qui nous emmène au voyage. Je ne dois pas non plus oublier Sergent Jonsson. Enfin, je ne peux pas passer outre le merveilleux blog de Mina, qui à chaque visite me permet de quitter cette terre et de m’envoler vers un monde féerique où le temps s’est arrêté et où ne perdure que la beauté des choses, l’insouciance d’une enfant, la pureté d’une femme. Mon premier commentaire s’était pour les canards (merci de les avoir protégés) puis sur la machine à remonter le temps…
Et puis tout s’accélère. Vox
devient accessible à tout le monde, les échanges s'intensifient, beaucoup de nouveaux, et ma communauté s’agrandi. Je
pense à Katman, Zoreil, Petit Suisse, Estebadia, Bastien, Liza (un blog décalé
et tout merveilleux aussi), Petit Papillon Bleu, Charlie, Ptite Fée, Asa Chan,
Evangelina, Pacmoon, Benjamin, Tidedame, et le tout dernier arrivé :
Wings !
Et je me demande au passage où en est le blog des contrevoxeurs ?
En ais-je oublié ? oui, uneviederêve. Parmi tous ces blogs il en faut bien un (ou plutôt une) qui râle, qui ronchonne tout en nous faisant partager ses réflexions intensément philosophique sur la vie de tous les jours ou ses moments de bonheur avec sa jolie puce.
Et puis il y a ceux qui me manquent terriblement, je pense d’abord à Pol. Une séparation nette, sans éclaboussure. Mais qui m’a apporté un grand vide. Il y a désormais Citizen, qui a besoin de prendre du recul pour mieux revenir. J’attends. L’attente et longue. Enfin, il y Ed, qui m’a d’abord fait découvrir Vox. Ce qui me manque depuis son absence c’est la chanson du matin, les tricycles, les photos ……
Je m’attache à chacun d’entre vous. Des souvenirs…..
Ce sont ces souvenirs qui me poussent à rester.
Une tranche de vie.
Les événements qui ont marqué les français ces 20 dernières années. Voilà ce que va diffuser la 6 demain soir. A force de visionner la bande annonce de cette prochaine émission, je ne cesse de me demander, ce qui m’a marqué personnellement depuis les années 80.
Je me rappelle du premier grand événement marquant, pour moi, toute petite fille. Au primaire, nous avions des cours sur l’union européenne, sur le pourquoi d’une Europe …. Je revois très bien cette carte, avec les 12 pays de l’UE et puis je revois cette Allemagne, divisée en deux. Le premier événement dont je me souvienne c’est cette réunification.Je me rappelle aussi demander tous les soirs à mon père (médecin) s’il a enfin trouvé un vaccin contre le sida.Paradoxalement, je me souviens d’un clip vidéo, d’une certaine Sabrina chantant BOYS BOYS BOYS, et moi, petite fille assise en tailleur devant la télévision, tout ébahie et espérant aussi avoir un jour les mêmes arguments qu’elle (j’espère encore). Je me rappelle avoir écouté, tard le soir, sur une radio qui comme son nom l’indiquait ne diffusait que du rock, une super nana. Je me rappelle des émissions sur les fantômes et autres esprits revenants, qui m’ont fait passer des nuits blanches. Je me rappelle de l’arrêt de la Cinquième. Enfin, bien que je ne parlerai jamais politique sur mon blog, je me revois, néanmoins, à table, lors d’un repas interminable attendre le résultat des élections présidentielles. Je me rappelle de la première guerre du golf. Je me rappelle de ce 11 Septembre. Je me rappelle du Non courageux de la France. Je me rappelle de la première fois que j’ai entendu le mot « crise ». J’étais encore au primaire. Une de mes tantes s’inquiétait de mon devenir. En repensant à ce mot, je me dit que jamais je ne ferais partie de cette génération post 68, où l’on avait déjà un travail avant même de terminer ses études, où l’on était certain d’avoir une retraite, où les mots "SIDA" ou "crise" n’existaient pas encore et je me dis que j’aimerai bien avoir quelques souvenirs de cette génération là.
Et vous, quels sont vos souvenirs ? Je passe le relais à
Citizen, à Charlie, à Mina et à tous les autres
La sonnerie retentie.
Ouf, ça y est, la poche est pleine, c’est fini. Je commence
à me relâcher.
Je n’ai plus qu’une obsession : qu’elle me retire cette
aiguille du bras, vite.
Pendant 8 min, j’étais concentrée. Concentrée à regarder à gauche, à écouter les infirmières, à contracter la main droite. Il ne faut surtout pas que je vois mon bras droit, que je pense à cette petite aiguille et à cette poche qui se remplie. Je continue de serrer la main. J’ai toujours cette envie de vomir.
L’aiguille est retirée. Je reste assise. Le temps de récupérer mes esprits, de dissiper cette nausée. Je suis contente, cette fois ci (c’est la quatrième fois) j’ai pu donner mon sang sans frôler l’évanouissement et sans alcool de menthe !
J’ai la phobie du sang. Je ne fais malheureusement pas parti de ceux qui ont cette chance de supporter cette vision rouge. Mais je suis O+ (donneur universel, si je ne m’abuse), je suis en bonne en santé et je me dis que si je peux, avec ce don, sauver une vie, au moins, cela vaut bien la peine d’être nauséeuse pendant 8 minutes.
Elle enfile ses chaussons. Calmement, elle inspire, elle souffle. Elle se lève. Elle fait quelques pointes, un petit échauffement et quelques ronds avec la tête. Elle ferme les yeux. Elle se prépare.
Elle regarde le ciel, serre encore une fois ses chaussons trop petits. Dans un murmure, on peux entendre comme une petite voix lui dire : « allez ma grande ».
Un dernier sourire vers la personne à qui, désormais, sa vie ne tient plus qu’à un fil.
Avancer. Regarder une dernière fois. Se remémorer les enchaînements. Se coller contre elle, ne faire plus qu’un avec elle. Arrondir les bras, les lever, les poser. Trouver les points d’accroches. Trouver les prises. Se hisser le long de cette paroi. Enchaîner les mouvements. Regarder en haut, regarder le ciel. Ignorer la douleur des chaussons trop petits, des mains maltraitées, des muscles tremblants. Continuer. «Bientôt».
Un dernier élan. S’arrêter. Souffler. Caresser cette paroi rugueuse. Sourire. Profiter de cet instant, où l’on est seul. Seul face à elle. Seul face à soi même.
Se laisser pendre à la corde et prendre le temps de regarder d'en haut ce doux paysage.
Baisser la tête, regarder son coéquipier et faire ce fameux signe amorçant la descente.
S’éloigner peu à peu de cet instant précieux.
Retrouver la terre, retrouver le quotidien.
Retirer les chaussons.
Salut :)Je viens de passer qu'aujourd'hui sur Vox, je n'ai pas vu ton post plus tôt... J'suis désolé pou toi,... read more
on Tout ce qu’on aurait pu faire